Lire la science sans se laisser impressionner Un guide d'autodéfense intellectuelle pour les praticiens du sport
Il existe une différence fondamentale entre faire de la science et parler comme si on en faisait. Cette différence est de plus en plus difficile à repérer, précisément parce que les codes de la science, les références, les acronymes, les anglicismes, les graphiques, les p-values, sont devenus des signaux sociaux d’autorité accessibles à quiconque sait les imiter.
Un récemment diplômé qui monte sur scène avec une diapositive chargée de références APA, qui alterne “training load”, “readiness”, “baseline”, “neuromuscular fatigue” et “evidence-based”, qui ajoute “neuro” devant chaque mot, qui se présente comme “data scientist” et qui cite une méta-analyse publiée dans un journal au nom impressionnant, n’a pas nécessairement lu ces articles avec rigueur, ni compris leurs limites, ni vérifié qu’ils s’appliquent au contexte dont il parle.